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Equateur : le peuple Chachi valorise son terroir avec le commerce équitable

Publié le 14 septembre 2017 - Dernière mise à jour le 13 octobre 2017
chachi ethiquable esmeraldas equateur

La coopérative FONMSOEAM en Equateur compte de nouveaux producteurs de cacao bio. Ces 50 familles sont issues d’un peuple multi-séculaire, les Chachis. Des amérindiens pré-hispaniques qui forment une des 13 "nationalités indigènes" reconnues par la Constitution du pays.

Leur éloignement géographique et l'accessibilité parfois difficile de leurs terres (transport uniquement en pirogue en cas de fortes pluies) ont construit leur identité, malgré l’oppression et les menaces de déforestation que la communauté a subies et continue de subir.

Leur cacao représente actuellement 10% des volumes de fèves que la FONMSOEAM nous exporte au prix de 4 500 $ la tonne - quand le cours mondial du cacao est à 1 900$ la tonne (sept 2017).

La prime du commerce équitable distribuée en mai dernier a apporté un financement pour diversifier leurs cultures avec l’achat de plants de fruits de la passion et de citrons verts. Ils prévoient également l’installation d'un centre de collecte du cacao propre à la communauté. Des débuts prometteurs.


Cacao équitable et bio cooopérative FONMSOEAM

FONMSOEAM est un partenaire historique d’Ethiquable. Depuis 2009, notre SCOP appuie cette organisation de 400 cacaoculteurs (désormais 450) et garantit des débouchés commerciaux à leurs récoltes de fèves. Des débouchés équitables... et croissants car visiblement, vous êtes nombreux à apprécier leur variété de cacao Nacional dans ces 7 tablettes : Noir Equateur 80%, Noir Equateur 98%, Noir Extra, Noir Fèves de Cacao, Noir Quinoa, Noir Dessert, Lait Equateur 53%.
les chachis rejoignent la coopérative FONMSOEAM
Les familles ayant rejoint la FONMSOEAM ont créé
l'Associacion de Cacaoteros de la Communidad Chachi
 

Les Chachis, un peuple dépossédé de ses terres

Les Chachis sont des amérindiens pré-hispaniques. Quittant les montagnes du Nord pour fuir l’expansion des Mayas, ils se sont installés dans la région côtière d’Esmeraldas. Ils vivent alors principalement de l’arboriculture.

Cette communauté de 14 000 personnes a conservé, malgré l’oppression qu’elle a subie, une identité forte. Les Chachis ont leur propre langue - le Chá palaa. Leur comunauté est régie par un système propre d’organisation sociale, économique, politique et légale : organisation des tâches collectives, communauté gérée par un gouverneur élu tous les 2 ans …

Ce peuple a été fortement stigmatisé au 20e siècle. Les Chachis ont souvent été expulsés de leurs terres par des propriétaires terriens intéressés pour exploiter les ressources en caoutchouc, tagua ou bois de Balsa présentes sur les terres qu'ils occupaient. 

Pour y remédier, la Réserve écologique de Mache Chindul est placée sous la gestion d’une communauté chachi. Ces 120 000 hectares à la richesse biologique remarquable regroupe une cordillera couverte de forêt tropicale humide et la Laguna de Cube, une zone qui a été déclarée zone humide d'importance internationale en 2001.

Transport du cacao par pirogue - coopérative ASOROMCHAC - EquateurTransport du cacao à dos d'âne - coopérative cacao ASOROMCHAC - Equateur

Transport de la collecte de cacao des parcelles vers la coopérative par la rivière
 
Les nationalités indigènes reconnues en Equateur

carte_des_peuples_indigenes_d_equateurEn octobre 1992, lors des célébrations des 500 ans de la découverte du Nouveau-Monde, les indiens d’Equateur font entendre leurs voix en manifestant contre "cinq siècles d’oppression et de colonisation". Ils paralysent le pays et clament leurs revendications. Ce mouvement est en partie à l’origine de la reconnaissance des peuples indigènes en 1998 par l’Etat. Par peuples indigènes, l'Etat entend les populations d'origine amérindienne, descendant des habitants présents avant la conquête du pays par l'Espagne au XVIe siècle.

La Constitution de 1998, qui officialise notamment l’éducation bilingue, reconnaît en effet ces peuples comme faisant partie de l’Etat équatorien, désormais qualifié de multiculturel et multiethnique.

Après des siècles de mépris et de spoliation, la reconnaissance des populations indigènes par la Constitution de 1998 constitue une avancée, le début d’une revanche sur l’histoire, même si la réalité ne correspond pas toujours aux intentions déclarées. Ces communautés restent extrêmement fragiles, menacées par la convoitise des industries minières, pétrolières ou agro-industrielles dans la course pour l’appropriation des richesses et des terres.

 

Le collectif pour identité

Les Chachis posent la notion de collectif en principe fondateur de leur économie. Leurs terres est la propriété de l’ensemble du peuple et non d’une somme d’individus.

Aujourd’hui, 150 familles y exploitent une petite partie (quelques hectares par famille) en cacaoulture et collectent du cacao Nacional, la variété ancienne équatorienne réputée pour ses arômes floraux. Ces cacaoyers poussent presque à l’état naturel, dans un système agroforestier très diversifié.
 

Transport des plants de Maracudja à la coopérativeTransport des plants de Maracudja à la coopérative

La livraison des plants de fruits de la passion et de citrons verts financés avec la prime du commerce équitable

En 2015, une cinquantaine de familles de cette communauté souhaite rejoindre la FONMSOEAM et ses 400 familles dans la région côtière d’Esmeraldas, leur "quasi voisin" sachant leur éloignement. Leur volonté est d'offrir de meilleurs débouchés à leur cacao. 

Elles créent une association, ASOROMCHAC, et livrent leurs premières collectes de cacao certifié bio en 2016.

Cet élan initial porte ses fruits et d’autres familles souhaitent désormais rejoindre l'Association des cacaoculteurs Chachis. 

Cette association est une des associations les plus éloignées de la FONMSOEAM. En saison de pluie, la route est impraticable et le transport du cacao se fait alors en pirogue rendant l’acheminement du cacao plus difficile que pour les autres coopératives membres de la FONMSOEAM.

L’intégration de l'ASOROMCHAC dans FONMSOEAM est une complète réussite. Les membres sont très investis dans les activités de la coopérative : système de contrôle interne, assistance technique, participation aux projets…

En 2016, leur production représentait 10% du cacao de la FONMSOEAM. La prime du commerce équitable distribuée en mai dernier a permis de financer l’achat de plants de fruits de la passion et de citrons verts pour diversifier des récoltes des membres de la coopérative. Ils prévoient également l’installation d'un centre de collecte propre à l’association.
 

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