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Café bio : le Mexique change d'échelle

Publié le 24 août 2026 - Dernière mise à jour le 26 août 2026
Production de café bio au Mexique

 

Un modèle dominant peu résilient 

Si le Mexique a subi une attaque de rouille en 2014, décimant massivement les caféières (60 % en 5 ans), aujourd’hui la production de café a repris.
Le gouvernement s'est fortement mobilisé pour soutenir un nouvel élan de la production. Il a notamment investi dans la recherche qui a aboutit à la diffusion de deux cultivars devant être conduits en plein soleil pour optimiser les rendements : le catimor et le sarchimore. Leur culture est conduite majoritairement en agriculture conventionnelle. Leur profil aromatique offre peu de nuances.

Si ce modèle a permis de dépasser ce sinistre épisode, il soutient des conditions de production peu en phase avec le contexte d'évolution du climat. 

Une alternative : une culture bio conduite en agroforesterie 

Dans la région du Chiapas, la paysannerie n’a jamais eu recours aux intrants chimiques faute de moyens et est restée en marge des apports de la chimie. Installées dans la région depuis les années 80, nos deux coopératives partenaires, MAJOMUT et CESMACH, cultivent ainsi du café à rebours du modèle dominant intensif et en pleine lumière du pays. Elles ont fait le choix d’un système "milpa" associant cultures vivrières (maïs, haricot rouge., courge), et café bio sous ombrage comme culture de rente. 

"Notre café est biologique, pas seulement parce qu'il est cultivé sans produits agrochimiques, mais aussi car nous nous soucions de la terre et de l'eau. Chaque producteur apporte un soin tout particulier à ses plantes, dans une relation intime avec la nature en utilisant les connaissances de pratiques ancestrales."

Les deux organisations ont su également renaître après l'épisode d'attaque de rouille et ont repris le chemin de l'export en renforçant leur filière dans une région majoritairement occupée par les populations indiennes. 

Une nécessité : changer d'échelle

Production de café bio en agroforesterie

Aujourd’hui les deux coopératives doivent traiter de nouveaux enjeux : augmenter l'attractivité de la culture afin d'accompagner le renouvellement des populations paysannes. La production de café ne fait plus rêver. Les coûts de la main-d'œuvre ont fortement augmenté, de nombreuses mexicaines et mexicains préfèrant aller travailler aux États-Unis.

Afin de maintenir la production et le nombre de membres dans leurs coopératives, les deux coopératives doivent rester attractives en termes de prix. Guillaume Serillon s'est rendu en visite de terrain en juin 2026 pour construire, avec les deux acteurs, les contours d'action de notre partenariat.

Intensification par l’agroécologie

production de café bio en agroforesterie

Aujourd’hui, notre soutien doit permettre à ces deux organisations paysannes de passer un cap technique et permettre à leurs membres de vivre mieux du café à surface équivalente. Le foncier, trop élévé, excluant tout agrandissement.

Aujourd'hui nos deux partenaires souhaitent s'investir dans des actions permettant à leurs membres de tirer des revenus plus élevés de leur culture de rente, le café, à surface équivalente, le foncier étant devenu inaccessible.

Guillaume Serillon, agronome en charge du partenariat avec CESMACH et MAJOMUT

 

Production de café bio au Mexique

À la lumière de leurs voisins du Honduras, ils ambitionnent une augmentation des rendements à l’hectare en développant à grande échelle les biofabriques. Il s'agit de petites unités de fabrication de biofertilisant et repulsifs bio fabriqués à base de matières organiques prélevées dans l'environnement : panela, cascara, fumier maïs...

Une centaine de producteurs s’est déjà appropriée la technique des biofabriques. Si le recul n'est pas encore assez important pour mesurer l'impact de ces techniques, certains producteurs ont déjà pu mesurer une hausse de 15% de leur production.

Deux membres ont participé à un voyage d’étude et de formation de 10 jours au Honduras au sein d'une coopérative pionnière dans les pratiques liées aux briofabriques, COMSA.

Avec le soutien d’un projet financé par l’AFD porté par SPP et la prime du commerce équitable, les coopératives ont créé une pépinière et une parcelle démonstrative.

8 cultivars sont testés sur cette parcelle (geisha, bourbon, anacafe 14, guarnica...). Les performances de ces nouvelles variétés et de leur adaptation au changement climatique sont monitorées afin de permettre ensuite à chaque producteur de choisir la variété la plus adaptée à son terroir.

 

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