
![]() |
|
Pour voir le reportage Cepicafé : les fruits du succès, cliquez sur l'image. Regardez les reportages d'Ethiquable |
Situation
Région de Piura, zone de production qui s'étend de la côte Pacifique vers les massifs andins
Membres
Plus de 1 500 producteurs : café, canne à sucre et fruits + culture vivrières (haricots, maïs,etc.) + élevage
CEPICAFE est un partenaire historique d'Ethiquable.
Consulter le carnet des projets soutenus par ETHIQUABLE
Un déséquilibre entre, d'une part, les zones rurales de l'altiplano et de l'Amazonie et, d'autre part, les régions côtières et la capitale
Le Nord du Pérou est une région très hétérogène : désert, cordillère andine et jungle amazonienne se succèdent d'Ouest en Est. C'est l'agriculture, et en particulier les cultures d'exportation, qui est le moteur économique de cette région malgré des conditions climatiques contraignantes.
Les déséquilibres persistent entre, d'une part, les zones rurales de l'altiplano, où la pauvreté atteint plus de 77%, et d'autre part les régions côtières et la capitale, Lima, qui concentre près du tiers de la population du pays et où la pauvreté est deux fois plus faible (36%).
Des cultures d'agro-exportation héritées des haciendas
Du 17 au 19ème siècle, les colons espagnols puis hacendados issus de la colonisation développent la culture de la canne à sucre, du coton puis du café. A cette époque, les grands propriétaires avaient un droit foncier sur les ressources productives : terre, eau et main d'œuvre. Aujourd'hui, on retrouve ce modèle dans les oasis appartenant à de grands groupes ou hommes d'affaires.
La réforme agraire (1969-1973) a démantelé les haciendas pour créer des coopératives foncières contrôlées par l'Etat. Sont juxtaposées à ces coopératives des fermes paysannes de propriété privée, généralement plus petites et qui appartiennent aux communautés indiennes.
Le café, une culture d'exportation
Le café devient un produit phare de la zone dés l'après-guerre. Les haciendas profitent de la forte demande internationale pour changer leur système de production de coton vers un système de café. Dans les années 1960 se met en place l'Accord International sur le Café (AIC) pour réguler l'offre et le prix mondial. Le gouvernement péruvien cherche à promouvoir l'exportation comme politique économique nationale et offre des crédits bancaires pour la reconversion des haciendas cotonnières à la caféiculture. Les petites exploitations paysannes sont exclues de ce système d'aide car elles ne possèdent pas de titre de propriété, mais intégreront la caféiculture dés la fin des années 60.
Le commerce équitable, une aubaine pour les petits paysans
En 1995, la condition des petits producteurs est de plus en plus précaire, la migration vers les villes augmente, et les besoins locaux de main d'œuvre diminuent. Est alors créée la coopérative CEPICAFE (Centrale Piuraine de Caféiculteurs) avec le soutien d'un projet de coopération. CEPICAFE travaille au départ avec 17 groupes de base, soit 400 familles, et vise le marché équitable, seul débouché viable dans un contexte de prix dérégulé et très fluctuant.
Les priorités pour lancer la filière café équitable sont alors :
CEPICAFE : le café, le sucre et les fruits
La coopérative CEPICAFE décide de miser sur la production d'un café de qualité, ce qui lui ouvre les portes du marché du commerce équitable. La coopérative développe rapidement ses capacités commerciales pour exporter et ses capacités financières pour capter des fonds de financement pour les campagnes de café. Rapidement, Cepicafé s'agrandit et regroupe aujourd'hui plus de 1 500 familles.
Les familles membres de CEPICAFE ont en moyenne 2 à 5 hectares de terre. L'agriculture familiale andine est diversifiée et juxtapose cultures vivrières (haricots, pomme de terre, banane plantain...) et cultures marchandes (café, canne à sucre, fruits de consommation). Le paysage agricole diffère en fonction des ressources naturelles. Sur le versant pacifique où l'activité résulte de siècels d'exploitation agricole, les productions se répartissent en fonction des étages écologiques et de l'accès à l'eau d'irrigation.
Sur le versant Pacifique
La diversification, une stratégie pour diminuer les risques et créer de la valeur ajoutée
Spécialisée dans la culture du café, la coopérative souhaite développer et commercialiser d'autres produits agricoles afin de limiter les risques financiers et productifs d'une mono-culture.
Les familles décident alors de valoriser deux autres cultures traditionnelles : la canne à sucre et les fruits, avec notamment un projet de transformation sur place des fruits en confitures.
Cepicafé devient une véritable entreprise d'exportation sans jamais perdre de vue sa vocation de soutien à l'agriculture paysanne.
La création du projet confitures a permis aux producteurs de valoriser leur production de fruits.
Toute une équipe de spécialistes a été mobilisé pour l'élaboration de recettes : un expert français recruté par l'ONG Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, des professeurs en agro-alimentaire de l'Université de Piura, les techniciens de CEPICAFE et le pôle filières d'ETHIQUABLE.
ETHIQUABLE a souhaité soutenir le développement industriel en réalisant les premiers investissements pour acquérir des équipements et acheter la matière première auprès des producteurs. La SCOP s'est engagée et a pré-financé la fabrication d'un container un mois sur deux (54 000 pots de confiture).
Les compétences commerciales de CEPICAFE lui permettent de se projeter en permanence vers de nouveaux produits et marchés.
L'organisation cherche à générer un maximum de valeur ajoutée sur place, afin de redistribuer localement les bénéfices dégagés. 38% du prix est ainsi reversé à la coopérative de producteurs.
L'usine emploie actuellement une équipe de 45 personnes. La redynamisation du milieu rural génère de nouveaux emplois.
Clé de voûte des économies paysannes soumises à des cultures de saison, le crédit est un service indispensable. Les fonds de crédit proviennent de banques solidaires, les taux appliqués aux producteurs sont donc très avantageux. Les remboursements sont déduits des paiements que la coopérative effectue à ses producteurs.
CEPICAFE, une organisation reconnue au niveau local, national et international
Le travail de CEPICAFE et ses capacités commerciales et d'exportation font la fierté des caféiculteurs des Andes septentrionales du Pérou, longtemps considéré comme des paysans arriérés par les élites de la côte.
C'est également une organisation structurée et démocratique. Le système de représentation et l'organisation interne est fédératif : les groupes de base sont fédérés par zones, puis les zones sont représentées au Comité de Direction. La formation se repose sur l'échange entre groupes paysans, favorisant l'horizontalité des relations. La prise de décisions, le contrôle des processus sont décentralisés. La confiance est un élément fort entre les élus, les associés et les équipes techniques. Bon nombre des techniciens locaux sont des fils de producteurs formés à l'Université.
En dix ans CEPICAFE est parvenue à générer des changements substantiels dans les modes de production et les modes de vie de la région. L'initiative partie d'un groupe de leaders privilégiés a réussi à entraîner tous les producteurs locaux en quelques années, dans un pays marqué par les politiques de réajustement structurel, la libéralisation économique et l'absence de politiques à faveur de l'agriculture paysanne.
Les résultats obtenus par CEPICAFE ont construit sa légitimité :
Des cultures en adéquation avec l'environnement et les objectifs des paysans
CEPICAFE et APROMALPI accompagnent les paysans pour une culture biologique respectueuse de l'environnement. Pour lutter contre l'appauvrissement des sols, elles re- fertilisent grâce à l'utilisation du compost, la fumure organique et le terreau.
Par ailleurs, La diversification des cultures au niveau d'une même parcelle permet d'une part une meilleure utilisation des ressources (lumière, eau du sol, éléments nutritifs) entraînants des rendements plus élevés par unité de surface.
D'autre part, elles diminuent la menace des ravageurs pour les fleurs. Les bactéries et les champignons nuisibles se multiplient plus facilement dans les monocultures. Avec les cultures associées, ils se heurtent rapidement à une limite, c'est à dire à une autre plante qu'ils n'arrivent pas à envahir.
Lexique :
Culture associée : signifie la culture simultanée de plusieurs plantes dans le même champ. La culture simultanée veut dire que plusieurs plantes sont cultivées en même temps pendant la plus grande partie du cycle végétatif.
> Découvrir le reportage photos de la fabrication des confitures au Pérou
Entreprise coopérative ETHIQUABLE – Allée du commerce équitable - 32500 Fleurance
Tél. 05 62 06 05 06 Fax 05 62 64 27 62 - Contact - Newsletter - Mentions légales - Votre avis sur le site