

Situation
Altiplano bolivien entre 3 900 et 4 200 m d'altitude au sud du Salar d'Uyuni
Membres
300 producteurs
Producteurs
Petits producteurs qui cultivent jusqu'à 10 hectares de quinoa et élèvent des lamas.
Produit
Quinoa d'écotype "real"
Préserver la culture traditionnelle
Les conditions climatiques de l'altiplano bolivien sont très rudes. Avec plus de 200 jours de gelée par an et très forte aridité, l'agriculture n'y est possible que grâce aux savoir-faire anciens qui permettent de maintenir des équilibres fragiles.
Autrefois le système agraire de l'altiplano était parfaitement réglé par les communautés indiennes. Les terrains en pente dans la montagne, moins soumis aux risques de gelée, étaient destinés aux cultures alimentaires, principalement le quinoa, mais aussi la pomme de terre et d'autres cultures andines adaptées au climat d'altitude. Ces parcelles de montagne étaient particulièrement productives puisqu'elles étaient fertilisées par le fumier produit par de grands troupeaux de lamas. Par ailleurs, les rotations de culture étaient parfaitement appliquées puisqu'elles étaient définies collectivement par la communauté, selon le principe traditionnel des mantas. Ce système de culture était alors complémentaire à l'élevage des camélidés andins, les lamas et les alpagas, qui paissaient dans la puna, la grande plaine que forme l'altiplano à 4000 mètres d'altitude couverte d'une prairie naturelle. Les camélidés apportaient de la viande, de la laine et du fumier pour la culture du quinoa, la principale source d'alimentation.
Au cours des dernières décennies le mode de vie dans l'altiplano a évolué. Pour assurer leur subsistance les familles développent une diversité d'activités : petit commerce, migration temporaire vers les villes, culture du café dans les vallées inter-andines, etc. C'est grâce à cette pluriactivité que les communautés ont pu se maintenir dans l'altiplano.
Le système de production agricole a lui aussi beaucoup évolué. Le quinoa, pratiquement oublié par les consommateurs urbains, connaît un regain d'intérêt à partir des années 1980. Le quinoa est distribué dans les supermarchés des grandes villes de Bolivie, mais aussi du Pérou. Ce pays voisin devient d'ailleurs le principal importateur de quinoa de Bolivie et le reste jusqu'à aujourd'hui. Dans les années 1990, les consommateurs des Etats-Unis, mais surtout d'Europe découvrent le quinoa. Une demande portant surtout sur le quinoa certifié biologique.
Face à la demande du marché, les cultures de quinoa se sont déplacées des parcelles de montagne vers la plaine de la puna. Ce changement s'explique par la possibilité de préparer les sols au tracteur, alors qu'en montagne le travail du sol se faisait manuellement. Les communautés mettent leurs moyens en commun ce qui leur permet d'acheter ou de louer des tracteurs et d'étendre ainsi les superficies de quinoa.
Cette dynamique autour du quinoa constitue une chance, un nouvel atout pour l'altiplano bolivien, une région parmi les plus pauvres d'Amérique latine. Pourtant les organisations de producteurs constatent aujourd'hui que les changements du système de production, poussé par la dynamique du marché, ont bouleversé les équilibres anciens et mettent en péril des équilibres écologiques. Les sols fragiles de la puna, aujourd'hui labourés, sont soumis à l'érosion éolienne. Le système traditionnel de fertilisation est déstabilisé. Les surfaces consacrées à l'élevage de lamas diminuent et les quantités de fumier disponibles sont insuffisantes.
L'organisation de producteurs CECAOT, la Central de Cooperativas Agropecuarias Operación Tierra compte 300 producteurs de quinoa réunis en 14 coopératives de base situées au sud du Salar d'Uyuni.
Le quinoa « Real » de Bolivie, au grain blanc et de grande taille, est le plus connu des consommateurs européens, car c'est essentiellement celui-ci qui est exporté et commercialisé dans les réseaux de l'alimentation biologique depuis maintenant une quinzaine d'années. Il est cultivé exclusivement sur l'altiplano sud de Bolivie, autour du Salar d'Uyuni et au sud du Salar de Coipasa, entre 3500 et 4200 mètres d'altitude.
> voir le reportage de la culture du quinoa
Les producteurs de CECAOT vendent aujourd'hui plus de 40% de leur production dans les conditions du commerce équitable. La coopérative a ainsi pu payer un prix au producteur de 58 dollars par sac de cent livres, soit le double du prix sur le marché local.
Des organisations actrices dans la gestion du territoire
Dans la culture indienne aymara, la gestion du territoire est une activité traditionnellement contrôlée par les communautés paysannes. Avec le boom du quinoa, l'intérêt individuel est passé devant l'intérêt collectif déséquilibrant les rapports sociaux et environnementaux. Avec l'appui de l'association Agronomes et Vétérinaires sans frontières, CECAOT travaille sur la définition de normes d'accès au foncier plus égalitaires. Les discussions et les prises de décisions sur la gestion communautaire du territoire ont permis une réflexion de fond sur la gestion de leurs ressources naturelles ainsi que l'adoption de nouvelles normes afin de les protéger et de rendre leur distribution plus équitable.
Agir pour retrouver les équilibres écologiques perdus
L'organisation fait aujourd'hui le constat d'un risque de dégradation de la fertilité des sols et souhaite agir pour retrouver les équilibres écologiques perdus. Les producteurs ont optés pour une certification biologique et ont mis en œuvre un plan de gestion des sols. Pour cela, les producteurs doivent relancer l'élevage, organiser des rotations de culture et des jachères, mais surtout apporter du fumier pour maintenir la fertilité des sols. Pour que cette stratégie fonctionne, une incitation par le prix est nécessaire, ce que va permettre le commerce équitable.
Entreprise coopérative ETHIQUABLE – Allée du commerce équitable - 32500 Fleurance
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